Et les mères qui tabassent leur enfant on leur trouve quoi comme excuse ?

Je vais remettre à plus tard ce dont je voulais vous parler aujourd’hui pour un billet d’un genre que je n’ai pas l’habitude de publier ici. Mais, après tout,  ce blog est mon espace d’expression, j’y publie mes coups de gueule si j’en ai envie…

Je suis profondément choquée par la scène à laquelle j’ai assisté ce matin.

Je sortais de l’école après avoir déposé ma puce dans sa classe. Là, je tombe sur une mère et son fils d’une dizaine d’année qui se disputent. Pour faire rapide, le dialogue tient à ça :

- La mère : « Tu veux une râclée ? »

-Le fils : « C’est moi qui vais t’en coller une ! »

Là, déjà, je me dis wah wah wah, ambiance !

Je traverse la rue pour aller faire mon stock de tickets de cantine. Lorsque je ressors, le gamin est allongé parterre et sa mère le tabasse.

Du personnel enseignant ne traîne pas à intervenir mais, moi, j’ai les tripes chamboulées…

Je ne suis pas naïve, je sais bien que cette mère (peut-on appeler ça une mère ?) n’est pas un cas isolé.

Ce que je voudrais savoir c’est quand cela va finir ? Quand est-ce qu’on va enfin se décider à vraiment punir les parents violents ?

Je le dis, je suis pour la tolérance 0 concernant les violences faites aux enfants.

Qu’on ne me sorte pas l’excuse des gamins difficiles, les mômes sont comme on les élève. La violence n’engendre que la violence et ne résout jamais rien.

C’est simple, les gamins les plus durs que je connaisse sont ceux qui ont droit à leur fessée quasi quotidienne.

Parlons-en de la fessée. Il paraît que ce n’est pas « vraiment » de la violence, selon certains. Moi, je suis d’accord pour qu’on l’interdise. Cela ne sert à rien.

Pour être entièrement honnête avec vous, j’ai mis une seule et unique fessée à ma grande puce quand elle avait 2 ans…  et je m’en suis voulu énormément.

Oui, elle était dans une période difficile (courte mais intense) où elle entrait dans des colères immenses, il était impossible de la calmer, plus on lui parlait plus elle hurlait.

Oui, elle a piqué sa colère au mauvais endroit, au mauvais moment.

Oui, je lui ai mis une fessée. Ah, ça l’a calmée, mais ce que j’ai vu dans ses yeux à ce moment là, je ne veux plus jamais le revoir. Un enfant ne devrait jamais avoir peur de sa mère.

Mais ce que j’ai compris surtout, à ce moment-là, c’est que, peu importe l’intensité de sa colère, c’est MOI qui n’ai pas su la gérer. Cette fessée n’a servi qu’à me soulager MOI parce que je me sentais impuissante devant sa colère.

Je n’ai plus jamais recommencé. Les colères, il y en eu d’autres et des bien pires, mais j’ai appris à les gérer sans violence, mais avec fermeté et en dialoguant une fois le calme revenu.

Et les colères se sont espacées jusqu’à devenir quasi inexistantes. Oh, je ne dis pas que la demoiselle n’essaie plus de faire ses petites révolutions, mais c’est une enfant et c’est normal qu’elle teste les limites, pour qu’elle sache où elles se trouvent. Et elle le sait.

Et moi, je suis fière d’elle, fière de cette petite fille si sage, adorable et pleine de joie de vivre. Et je m’en veux toujours d’avoir oser lever la main sur elle.

Et je voudrais que tous les parents comprennent que, non, la fessée n’est pas anodine. Oui, il y a d’autres moyens de calmer un enfant ou de lui faire comprendre que ce qu’il vient de faire est mal.

Quant aux scènes du genre de celle dont j’ai été témoin ce matin, elles sont intolérables et mériteraient d’être systématiquement sanctionnées.

Tu sais quoi Madame la « mère » de ce matin (que je voyais pour la première fois et espère bien ne plus jamais croiser), j’espère pour toi, et surtout pour ton fils, que l’équipe enseignante aura su te faire comprendre à quel point tu es une mère pitoyable et que tu sauras prendre les bonnes décisions car, même les gens comme toi, ont droit à une seconde chance. Mais si tu la laisses passer, qu’on t’enferme et qu’on balance la clé…

(Je suis encore super en colère. Mais n’hésitez pas à partager vos points de vue, je suis ouverte au dialogue.)

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  • http://vermicel.canalblog.com Anne Cé

    Je te trouve courageuse d’écrire un billet pareil, ce n’est pas franchement tendance d’affirmer haut et fort qu’on est opposé à la fessée et à toute forme de violence éducative.

    Je crois que j’aurais été choquée comme toi devant une scène pareille. je ne sais pas comment j’aurais réagi. A la fin de ton billet, tes propos envers cette femme sont très durs à mon avis, mais après tout je n’ai pas vu la scène, j’imagine qu’il y avait de quoi être franchement révoltée.

    Quand je suis au parc avec ma fille et que je vois la manière dont certains parlent à leurs enfants, ça me fait très mal pour ces enfants !

    Ma fille a deux ans (l’âge des belles crises de colères avec hurlements et roulage par terre) et je ne l’ai jamais frappée. je ne dis pas que c’est facile tous les jours, mais je sais que c’est le bon choix. Te lire, quand tu parles de ta grande puce, contribue à me conforter dans ce choix.

    • Gwen

      Oui, mes propos sont sans doute durs, mais avec ce que j’ai vu, je te jure que j’ai eu envie de lui dire bien pire. Toutefois, j’espère qu’elle saura saisir une chance de changer.

      Et tu as raison de te conforter dans ton choix. Je regrette vivement cet « incident » de la fessée, mais me félicite tous les jours de ne pas avoir recommencé. Et je te promets, très objectivement ;) , que j’ai la petite fille la plus adorable du monde.

  • http://www.lamiteorange.blogspot.com LMO

    Quand ce monde sera juste, ça se saura, et les poules auront des dents…

    Je suis entièrement d’accord avec toi, aucun parent ne devrait frapper son enfant, et je suis aussi contre la fessée, qui ne résoud rien.

    Ton passage sur la fessée donnée à ta fille, j’ai vécu la même chose. Et ce regard, terrifié, anéanti, de ma fille à ce moment, je l’ai encore en mémoire… La peur, l’incompréhension.
    Comment peut on infliger ça à son enfant?

    Mais on sait, malheureusement, que toutes les mères n’en sont pas.

    • Gwen

      C’est horrible ! Je savais déjà, pourtant, que je ne voulais pas de la fessée, mais, dépassée, j’ai fait « comme les autres ». Et bien, ça n’arrivera plus – je me suis sentie tellement triste et minable – ça n’arrivera plus.

  • Katia

    Merci pour ce post, que je partage 10 000 fois !!! Moi aussi, ça me dérange profondément, même la violence verbale. Quand on entend certaines choses exprimées par les parents, on ne peut que comprendre ce que disent ensuite les ados… J’avais beaucoup, beaucoup de mal à comprendre qu’on puisse parler, s’exprimer ainsi envers ses enfants, ce qu’on a de plus « précieux » au monde !

    Et comme, moi aussi, cela me dérangeait profondément, j’ai lu des bouquins d’Alice Miller, qui sont super passionnants, notamment sur ce qu’elle appellait la « pédagogie noire ». Je t’invite à en lire un ou deux, il y a un super site ici sur son travail : http://www.alice-miller.com/index_fr.php

    Et ensuite, ce site contre la violence aux enfants et sur la communication non violente (où est posté notamment un livret d’Olivier Maurel contre la fessée, très bien pour sensibiliser les parents « inconscients », voir biblio). http://www.wmaker.net/maisonenfant/La-Maison-de-l-enfant-organise_r3.html

    Enfin, justement, toujours sur ce site, ils hébergent une liste de discussion « parents conscients » où peuvent s’entraider ceux qui ont du mal à faire autrement, justement. La lecture de cette page-là m’a beaucoup aidé à comprendre les réactions de violence de ces adultes, et parfois leurs luttes pour y échapper ! http://www.wmaker.net/maisonenfant/De-l-aide_a135.html
    Ca m’a permis de comprendre que, malgré mon penchant « naturel », il ne faut pas que je stigmatise tous ces parents qui tapent. Certains essayent de sortir de ce comportement. Et c’est drôlement dur pour eux, quand on n’a pas eu la chance d’être éduqué (comme ça a été mon cas) dans la non-violence et la tendresse….

    Bonne lecture !

  • gwenlovelayot

    je suis forcément du même avis que vous… convaincu que c’est notre colère que l’on arrive pas à gérer face à la crise de son enfant… mais pourtant, j’ai beau parler à mon fils, lui expliquer un tas de choses, et l’aimer de tout mon coeur, je ne suis pas encore arrivé à gérer tout ça, face a ses bêtises, je lui donne parfois des petites tape sur la couche (il a tout juste 2ans!) parfois je crie, et systématiquement je me dit que je suis une mauvaise mère, je n’arrive pas à le comprendre et je suis frustré, je ne sais pas quoi faire, car il est toujours « à fond », ne me laisse aucun répit et enchaîne les bêtises, je ne suis pas de nature très patiente, mais jusque là j’avais toujours réussi à gérer ce genre de situations, mais depuis environ 1mois je n’en peu plus! rien ne marche! il m’épuise, j’ai pourtant l’impression de bien m’en occuper, je joue avec lui, l’emmène au parc, lui fais faire des activités, bref… mais dès que je veux me reposer, c’est impossible…

    tout ça pour dire, que ton article m’a vraiment fais réagir, je ne veux pas être cette femme que tu as vu devant cette école, alors c’est décidé je ne lèverai plus la main sur mon fils!

    ps: je sais que mon commentaire fera réagir certaines, mais sachez que mon fils est toute ma vie, et que OUI je suis loin d’être parfaite dans mon rôle de mère, mais j’essaie de faire de mon mieux